La courbe de Friggit reflète la réalité du pouvoir d’achat des ménages en matière d’immobilier.
Jacques Friggit est ingénieur en chef des ponts et chaussées. Il publie ses études et analyses sur le site du Conseil général de l’environnement et du développement durable et dans des revues économiques. Connu pour être un des grands spécialiste du secteur immobilier, il a tenté de rapprocher deux critères : l’évolution du prix du logement par rapport au revenu disponible par ménage. Le but de cette recherche est de définir s’il existe un point d’équilibre entre ces deux notions à une période donnée. Il remarque que sans équilibre le marché n’est pas sain car l’effort à produire pour un ménage désirant acquérir un bien est trop élevé par rapport à ses revenus. Il a effectué cette recherche sur la France, le Royaume Uni et les États Unis.
Il en résulte une courbe appelée courbe de Friggit qui diffère selon les régions et les pays. En effectuant des recherches depuis 1965 et en comparant ses résultats Jacques Friggit a démontré que ces courbes évoluent la plupart du temps dans un même intervalle appelé Tunnel de Friggit. Lorsque la courbe dépasse le tunnel par le haut cela dénote une période de bulle immobilière alors que lorsqu’elle en sort par le bas il s’agit d’une crise immobilière.
Cet indicateur est intéressant car il représente la réalité du marché immobilier par rapport à ses principaux acteurs en tant qu’ acquéreurs : les ménages.
Ainsi d’après la courbe de Friggit, en France,on retrouve bien la bulle immobilière de 1991, et la chute brutale qui a suivi ainsi que la crise de 2008 qui avait amorcé sa progression dès les années 2000 et avait marqué une sortie à la hausse du tunnel de Friggit depuis 2001.
Les différentes courbes de Friggit d’après les régions : Paris, Ile de France, Province dénotent une inégalité fréquente entre ces régions. La courbe représentant Paris se démarque clairement des deux autres en affichant un taux très élevé depuis 1975. Néanmoins les tendances de hausse comme de baisse restent généralisées.
On remarque en outre que le prix de l’immobilier a considérablement augmenté depuis 1965 et que la différence entre le prix des logements et le revenu disponible par ménage est de plus en plus importante. D’ailleurs cette baisse du pouvoir d’achat des ménages en ce qui concerne l’immobilier est démontrée par des sorties par le haut du tunnel de Friggit de plus en plus importantes.
Si l’on observe maintenant la courbe de Friggit depuis la crise immobilière de 2008 en France on aperçoit une baisse nettement amorcée de la courbe depuis fin 2008.
Si l’on compare maintenant la courbe de Friggit française aux courbes anglo saxonnes et américaine, on s’aperçoit que la chute des prix de l’immobilier chez nos voisins anglo saxons amorcée quasiment à la même période qu’en France représente déjà une baisse de 16 % et que la baisse des prix de l’immobilier aux États Unis amorcée dès 2007 représente déjà une chute de 18 %.
Nous ne pouvons savoir si la France reproduira des taux de chute semblables même si une diminution notable des prix de l’immobilier semble inévitable.
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